L’Auberge du Forgeron, La gastronomie en héritage

Depuis 1999, grâce à son audace et sa créativité sans borne, Philippe Bélot fait prospérer l’une des plus belles adresses de la métropole. Avant lui, son père, le chef Raymond Bélot avait, durant près de 40 ans, fait la renommée de cette institution,qui fête ses 60 ans. Deux époques, deux chefs, deux tempéraments, mais une seule passion sincère.

La même paire d’yeux clairs qui illuminent un visage mat, comme tanné par un soleil éternel. Raymond et Philippe sont père et fils, ils ne peuvent le cacher. Mais au-delà de cette ressemblance évidente, les deux hommes partagent une histoire, familiale et entrepreneuriale, et surtout des valeurs, dont l’amour du bien manger et du bien recevoir.

Une véritable institution

Ce qui frappe chez les Bélot père et fils ? La passion du travail. Fils d’un artisan boucher, Raymond est de la génération qui a vécu la guerre d’Algérie, les Trente Glorieuses aussi. « Une autre époque ! » Intarissable, le septuagénaire raconte le Forgeron d’alors, avec sa partie rôtisserie et son chariot de terrines faites maison. « La cuisine était généreuse »,se souvient celui que l’on surnomme encore « Le Boss ». « Le midi, les repas d’affaires s’éternisaient jusque tard dans l’après-midi. Les clients fidèles avaient leurs habitudes et nous faisaient entièrement confiance. »Aujourd’hui encore, cet esprit survit avec Philippe et son épouse, comme autrefois Raymond et la sienne, sommelière de talent. Le Forgeron est avant tout une belle maison, authentique et sincère. Il est même le plus ancien restaurant gastronomique de la métropole dans la même famille depuis 1954, au temps de la grand-mère de Philippe. Une véritable institution, avec des plats à la carte depuis trois générations.

Exigence, excellence et engagement

« Les jeunes chefs ne goûtent pas assez leur cuisine »critique Raymond, à cheval sur la précision des cuissons et la pertinence de l’assaisonnement. Exigeant, le retraité aime partir avec son épouse à la découverte des tables gastronomiques, l’œil et le palais aiguisés comme des couperets. Les avis du couple d’experts sont tranchants. Que pense-t-il de la cuisine de son fils Philippe ? « Meilleure que celle de certains jeunes étoilés encensés par les medias ! », nous murmure-t-il à l’oreille, catégorique. « Philippe a toujours eu beaucoup de créativité et besoin de l’exprimer à travers la cuisine. Il fait preuve d’une telle patience dans la mise en place de ses assiettes ! »Un beau compliment de la part du membre de l’Académie culinaire de France, qui tutoyait les plus grands, de Michel Troisgros à Paul Bocuse. La bonne cuisine française, les beaux produits et le fait maison… voilà ce que promeut et défend aujourd’hui à son tour Philippe Bélot, autodidacte mais décidément à bonne école.

Avancer, se surpasser

Maison de tradition, l’Auberge du Forgeron est ancrée dans son époque, et tournée vers l’avenir. « Le métier est beau, mais difficile. Aujourd’hui, c’est peut-être encore plus dur,constate Monsieur Bélot père. Les jeunes sont obligés de se réinventer sans cesse. »Sous l’impulsion de Philippe, l’établissement a su innover et prospérer. « Grâce à Philippe, j’ai découvert la cuisine moléculaire. La cuisine a toujours évolué, et c’est très bien comme ça ! »

Reprendre l’Auberge du Forgeron à la suite de son père… Pour Philippe Bélot, le pari n’était pas facile à relever. Il y est pourtant parvenu. Nous ne saurions trop vous conseiller de découvrir ou de redécouvrir cette superbe table, côté bistrot ou côté gastro. Le très bel hôtel Bulles**** offre la possibilité de s’offrir une parenthèse enchantée, pour un week-end gourmand et détendu. Les beaux jours permettent également d’apprécier l’intimité de la terrasse. Une expérience à vivre au printemps. En été. Toute l’année.

 

[Restaurant gastronomique – Bistrot – Traiteur – Hôtel Bulles****]
17 Rue Roger Bouvry - 59 113 SECLIN
Tél : 03 20 90 09 52