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Arts & Culture

Natacha Mercier crée l'évènement chez Abcynth Galerie

Natacha Mercier crée l'évènement chez Abcynth Galerie

La galerie est heureuse d'annoncer l'arrivée de Natacha Mercier au sein de sa famille d'artistes.
"Si l’œuvre de Natacha Mercier fait explicitement référence à l’histoire de l’art et en particulier à la tradition picturale occidentale, c’est pour mieux questionner le corps à l’ère du numérique. Par ses techniques d’effacement partiel du sujet, l’artiste rend visible le corps dans ses aspects les plus intimes. À défaut de révéler, Natacha Mercier suggère et nous offre la possibilité de traverser le voile des images du corps et de ses interdits." Jérôme Carrié, Commissaire des expositions au Ciam, Université Toulouse Jean Jaurès (F).

Issue de l’École des Beaux-Arts de Valenciennes puis de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Bourges, Natacha Mercier s’installe en Occitanie en 2008. 
En écho aux peintures de natures mortes flamandes du XVIème siècle, les compositions de Natacha Mercier s'inspirent à partir de 2010 des vanités contemporaines : les aigles en stuc, des lions de façade, Dubaï, le « tuning », des limousines garées dans des terrains vagues… La série de presque monochromes « Hével (1) » est née du prisme de ces influences et de la motivation de re-créer cette émergence de sens et de formes décryptées dans le quotidien. La peinture de Natacha Mercier oblige à prendre le temps.

« Dans mes peintures et installations, on ne voit pas d’emblée ce dont il s’agit. Monochrome et sans contenu apparent, tout est dedans, tout est derrière le voile : dans la peinture et au- delà, à la « limite du voir ». À la recherche de l’idéal d’une surface vibrante, je présente un état compris entre les deux extrêmes de l’apparition ou de la disparition, de la lecture ou de la non lecture. Sans cesse en mutation, mes lignes sont tour à tour déniées, réaffirmées, redessinées par les mouvements constants des limites et des tensions. 

La technique picturale que j’utilise s’est révélée progressivement voisine de celle des peintres en carrosserie automobile. Les couches successives fines et minces de peinture puis de vernis qui dissimulent l’image appellent à la vigilance : il faut pouvoir s’arrêter à temps pour ne pas la rendre totalement invisible. 

Ce concept de recouvrement et de recherche de la « Border line » m’a amenée sur le champ de la censure, du voile qui cache le sexe et le poil.

Dans ma série Vasistas ?, j’ai examiné des œuvres qui font polémique depuis la grande tradition picturale occidentale, de par la réalité des corps peints. Sur Internet, on peut reconnaître la pose de l’Origine du monde de Courbet ou d’Olympia de Manet chez des personnes qui se mettent naturellement en scène sur des sites « d’exhibe » et de voyeurisme.

Ces traces de la peinture moderne sur la toile contemporaine sont des « Survivances » que j’ai mis à profit en faisant rejouer à des modèles des scènes de tableaux célèbres, peints sur toile et sur aluminium. Lisses et glabres, ces représentations tissent des liens entre les genres, les représentations et l’imaginaire. 

Depuis cette expérience de recherche avec Vasistas ?, je continue de me questionner sur le statut de l’œuvre bidimensionnelle et de son dispositif de lecture, cette fois avec la couleur noire. Je cherche à fixer l‘instant précis qui se situe à l’extrême lisière de l’évanescence, là où les formes persistent encore : que se passe-t-il après le crépuscule, juste avant la nuit ? 

Dans mes oeuvres plus récentes, la question de la disparition est évidente par la nature même des formes peintes : des plantes toxiques. À la manière des peintres flamands en natures mortes, je compose des bouquets «clair-obscur» avec des fleurs mortelles que je cueille dans des illustrations botaniques ou que je découpe au lasso sur des images web. Les couleurs acides utilisées en monochrome rappellent celles des plantes sauvages qui tissent leurs toiles dans les sous bois ; leur brillance et leur clarté attirent les innocents et les novices… » Natacha Mercier, 2020

Blanc et « outreblanc »
Devant une œuvre de Natacha Mercier, le spectateur hésite. « Was ist das ? » Que signifie, au premier abord, cette surface froide, dénuée de toute aspérité et apparemment blanche ? Il se demande s’il n’aurait pas affaire à un canular dans le goût d’Alphonse Allais qui avait intitulé un rectangle immaculé Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige (1883, soit 35 ans avant le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch). Bien vite pourtant, il se rassure, car on ne se méfie jamais assez du blanc qui, dans la symbolique occidentale, représente l’innocence, la virginité. Ne nous y fions pas. Tonalité accessoire, servant le plus souvent de base pour recevoir les couleurs (la toile enduite de gesso), pour en éclaircir l’éclat ou à l’occasion de rehauts, ce blanc exclu de l’ordre chromatique établi par Newton, ou plus tard par Goethe, devient ici l’élément indispensable du processus de création de l’artiste. En l’utilisant par fines strates successives, dans le but de masquer partiellement une image, Natacha Mercier nous rappelle implicitement qu’il est la couleur absolue, celle qui synthétise l’ensemble des autres. Ce blanc qui envahit le panneau de métal aussi lisse qu’un miroir n’offre, pour un court laps de temps, que l’illusion d’un néant pur. Thierry Savatier (historien de l'art), La poétique du voile.

Du mardi au vendredi de 14h à 19h. Le samedi de 11h à 19h et sur rendez-vous.

8 rue du Maréchal de Lattre de Tassigny

59800 Lille

+33 (0)6 82 37 15 09
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