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Art de vivre

Château Cheval Blanc, Chai d'oeuvre

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Château Cheval Blanc, Chai d'oeuvre

S’il est un nectar qui se classe au firmament de nos souvenirs œnologiques, c’est bien celui-ci. Vin d’exception, Cheval Blanc méritait un chai à son image, égal à sa réputation. Nous avons eu le rare privilège de visiter son chai signé Christian de Portzamparc, inauguré en 2011. Quand art viticole et architecture se conjuguent avec grâce, technologie et élégance.

Nos amis sommeliers en parleraient mieux que nous. Ils sauraient le raconter et nous en faire apprécier toutes les subtilités. Ils évoqueraient la signature unique et intemporelle de Cheval Blanc. Ils insisteraient sur sa puissance et son élégance. En épicuriens convaincus, amateurs de grands crus et de belles histoires, nous avons voulu aller voir l’envers du mythe, aller à la source du miracle. DirectionSaint-Emilion. Quanden1998, leRoubaisiend’origineBernard Arnault et le Baron Frère, natif de Belgique ont acquis la propriété historique, ils ont su insuffler au domaine une vitalité nouvelle. Les deux amis, réunis par la passion des grands vins, ont souhaité doter la propriété de nouveaux chais. Une ambition affirmée : conjuguer inédit et excellence, mais aussi bâtir une œuvre qui préfigure l’avenir. Tout en s’intégrant dans un paysage historique, puisque Saint-Émilion est classé au Patrimoine de l’UNESCO. Autant dire que le cahier des charges exigeait une rare conjugaison de talents et constituait un défi. Ce défi a été relevé par Christian de Portzamparc.

Un premier Prix Pritzker pour un Premier Grand Cru Classé « A »
Premier Pritzker Prize français (1994), Christian de Portzamparc a toujours été inspiré par la relation harmonieuse entre « le dedans et le dehors ». Au cœur du vignoble, le « chai sous la colline » apparaît d’abord comme un promontoire dans le prolongement du château, un soulèvement du sol, porté par des voiles de béton vers la lumière et le ciel. De ce belvédère qui semble flotter, l’œil embrasse l’étendue des vignes et saisit l’histoire millénaire de ce paysage. Colline ? Jardin suspendu flottant au-dessus des vignes ? Ce qui confère au site sa grâce est un discret porte à faux suggérant un équilibre de balancier. C’est la géométrie des surfaces incurvées et leur matière vivante de béton moulé d’un blanc assourdi, c’est l’atmosphère unique née de la lumière naturelle descendant du ciel à l’intérieur du cuvier, entre les galbes des grandes cuves de béton. 

Prouesse et innovation
Ce refus de l’enfermement, qui pourtant prévaut en la matière, est une innovation remarquable : le « chai sous la colline » est un lieu de concentration, de méditation, mais pour autant ouvert à ce qui l’entoure. Aucune ligne n’est ici gratuite, chaque élément vise à la perfection des gestes et cela se sent. 52 cuves en béton, des murs moucharabieh pour faciliter une aération naturelle, un éclairage mesuré qui ne vise pas l’ostentation. Tout a été pensé pour substituer des solutions économiques aux dispositifs énergivores. En vertu de quoi, ces chais sont l’un des premiers bâtiments de ce secteur d’activité certifié « haute qualité environnementale » (HQE) sur des critères forts exigeants concernant l’environnement, mais aussi la nature des matériaux employés, la gestion de l’eau, de l’énergie, des déchets, la maîtrise hygrométrique, le confort acoustique, visuel, olfactif, et aussi le bien-être des personnes qui y travaillent. Apparaît ainsi la vision toute neuve d’un site et d'une longue tradition. Avec l'audace, beaucoup de style et une sensualité rendue visible, Cheval Blanc a pu ainsi se projeter dans l’avenir.

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